Elle est Web et App Designer


Du graphisme et du Love / mercredi, mars 9th, 2016

Il y a quelques jours, alors que je sautais d’une pensée à une autre, je me suis rendu compte d’une chose AFFREUSE. HONTEUSE. HORRIBLE. IGNOBLE.
Le blog est ouvert depuis Juillet 2015. Donc ce petit bébé a à peu près 9 mois et il a été enrichi de près de 27 articles. Bien bien. MAIS… Je n’ai encore JAMAIS parlé de ma profession.
Je vous rassure, j’en suis contente de mon travail. J’aime la profession que j’ai choisi, alors je vous en parle… Enfin !

Comment en suis-je arrivée là

Il faut savoir qu’une fois mon bac en poche je ne savais pas du tout que je serai un jour « graphiste web » (comme on disait à l’époque). A vrai dire, je me souviens qu’en troisième, avec mes parents, nous avions songé à me déplacer dans une filière STI Arts Appliqués, il se trouvait qu’à ce moment j’avais déjà quelque chose d’un peu artistique dans le sang.

Donc, après mon bac je suis allée en Lettres Modernes, mais je touchais déjà beaucoup à Photoshop, je m’intéressais également beaucoup au web. Toutes mes options étaient dédiés aux nouvelles technologies de la communication (pour quelqu’un en Lettres c’était d’ailleurs très étrange). Et c’est aux alentours de l’année 2011 que je me suis dis qu’il était temps de penser à une reconversion. Et j’ai trouvé le DUT Services et Réseaux de Communication (qui porte super mal son nom – aujourd’hui il s’appelle Métiers du Multimédia et de l’Internet).

Au bout de deux ans de cours sur le marketing, le réseau, la communication, le graphisme, la vidéo, le son, la programmation,… je décrocha mon diplôme (wouhouuu) et je pouvais entrer dans la cour des [grands] graphistes web (ou webdesigner pour les intimes).

Qu’est-ce que je fais

Aujourd’hui mes compétences se sont beaucoup élargies. Bien sur je fais toujours du design de sites internet et j’aime toujours autant en faire, j’ai un peu développé d’ailleurs ce qu’on appelle le design responsive (qui s’adapte d’un écran à un autre – mais toujours sur navigateur web).

Après mes trois premières années dans le métier j’ai appris à aimer le Print – tout ce qui englobe le design sur papier, comme les flyers, les affiches, les faire-parts,…

J’ai très doucement commencé à apprendre le dur métier de créateur de logo. Je n’en suis d’ailleurs qu’au tâtonnement de cet art, car c’est extrêmement complexe. L’univers du branding [qui consiste à gérer l’image de marque] est encore très frais pour moi, mais c’est vrai que créer une image graphique/une marque/une charte est vraiment très intéressant et enrichissant.
J’ai aussi beaucoup amélioré mes compétences en création de design d’application, notamment sous Android (je connais l’univers graphique d’iOS également et je commence à apprendre celui des Windows Phone – quitte à faire des applications, autant ne pas se fermer de portes!), que ce soit sous smartphone que sous tablette. J’ai l’ambition, la tentation je dirais même, d’essayer le design sur montre et sur très grand écran (on pense notamment aux applications TV). C’est vraiment sur la création de design d’application sur tous supports que je souhaite orienter ma spécialité.

Que du web ?

Comme dit un tout petit plus haut, j’ai appris à aimer le Print. C’est beaucoup moins architecturale que la création d’une application, raison pour laquelle j’y garde toujours un petit pied. Il y a clairement des libertés artistiques, des orientations typographiques et colorimétriques qu’on peut prendre dans la création d’un support papier. Et même si sur un faire-part il ne faut pas oublier l’imprimeur, la contrainte technique d’une application ou d’un site web est bien plus omniprésente. Alors je garde un peu mon « jardin secret » du Print, même si c’est 15% de ma profession rêvée.

Et ce que je ne fais PAS

Non, je ne prends pas en photos les objets à vendre sur Leboncoin.

Ne riez pas, on a déjà cru que je faisais ça, mais désolée de vous décevoir, il faudra que vous preniez vos photos vous-mêmes (mais je suis sûre que vous le faites très bien ^^).

Non, je ne dessine pas toute la journée.

D’ailleurs je vais détruire un mythe tous de suite : je ne sais pas dessiner. Et oui c’est possible ! Remarquez que j’estime ne pas savoir dessiner comme les gens se l’imaginent – mais je sais faire de jolies arabesques sur mon cahier (et des fleurs aussi). Mais ça s’arrête là !

Et non, je ne travaille pas gratuitement non plus.

Il m’est arrivé de m’engager sur des projets dits « bénévoles » et encore c’était il y a longtemps, et très sincèrement comme je commençais le métier ce n’était franchement pas glorieux. Mais aujourd’hui, je défends ma profession [et ma survie], et comme le disent de nombreux graphistes indépendants (et d’autres indépendants) « tout travail mérite salaire ».

Je ne fais pas d’illustrations.

Cela rejoint pas mal le « je ne dessine pas ». En effet, quand on se présente en tant que « graphiste » (d’ailleurs je le fais rarement), c’est un domaine tellement vaste que très vite on pense qu’un graphiste fait des illustrations, ou en tous cas quelque chose de lié au dessin. Mais voilà dans la sphère du graphisme il y a des Webdesigners, des Designers UX/UI (User Expérience & User Interface), des Illustrateurs, des Motion Designers (qui font des animations), des Designers Print, des Designers 3D, des Game Designers, des Typographes (oui oui il y a vraiment un designer derrière chaque police d’écriture ! Je les aime ces gens <3)
Moi-même je ne connais pas encore toutes les spécialités de mon domaine ^^.

Un métier de passion, de patience et de diplomatie

Je suis une designer encore assez jeune, même si (d’après ma chef) je ne suis plus une designer « junior ». Toutefois, après de longues heures à faire de la veille numérique, à faire des projets, il y a bien des choses que j’ai compris sur mon métier.

En France, le graphiste n’est pas légitime. C’est triste, c’est même très moche. Peu importe le domaine du graphisme que vous ferez, à peu près les deux tiers des gens penseront que ce que vous faites c’est facile et même amusant mais que ce n’est pas un vrai travail. Et même s’il pense que c’est un travail, ils auront du mal à admettre qu’on puisse payer un designer. Mais pour le coup, cela vaut pour tous les métiers artistiques. Je ne saurais trop vous conseiller de lire la petite bande dessinée « Manger ou Créer?! » de Leslie Boulay qui traite de ce sujet.

Il y a un autre syndrome que le designer rencontre (que les autres artistes rencontre peut-être moins). C’est se retrouver face à des gens qui penseront mieux faire votre travail que vous. Alors ça, je le vis TOUS LE TEMPS. Et c’est agaçant et avalisant. Sur le principe, vous vous retrouverez à faire le robot car ce ne sera plus de votre ressort de créer voire d’imaginer un design, non non, parce que ça sera un autre qui le fera (chef de projet, marketeux, chef de produit, …).

Mon travail, ton travail ?

Votre travail se résumera à être l’exécutant des idées d’un autre, tout simplement parce que vous savez un peu plus utiliser les logiciels de graphisme… Bon ça existe dans notre métier, l’exécution. Et il est vrai qu’il y a deux castes chez les designers : ceux qui imaginent et ceux qui déclinent. Soit. Mais quand c’est quelqu’un qui n’est pas du tout graphiste… On a juste l’impression de se faire avoir.
Parfois même, certain chef de projet (par curiosité ou par envie d’aller plus vite) vont savoir utiliser les grosses bases de vos logiciels préférés (photoshop, illustrator, sketch…) et là vous vous retrouverez à commencer un projet et ne plus avoir de nouvelles du tout après. Tout simplement parce que le chef de projet aura fait des « maquettouilles » par dessus vos maquettes sans vous le dire et parce que vous n’aviez « pas le temps ». Ce qui peut paraître comme un service rendu peut parfois amener à de gros quiproquos… C’est du vécu.
S’il vous plaît, je ne viens pas faire votre code, ni vos cahiers des charges, je ne me permettrai pas sans votre permission de modifier votre documentation… Alors soyez tendres avec nos maquettes, ce sont nos bébés après tout 😉 !

Mais alors Mac ou PC ?

Aujourd’hui on me demande toujours pourquoi – alors que je suis « graphiste » – je ne suis [toujours] pas sous Mac. Vaste débat dans la profession…
Les « pour » je les connais bien, je les ai même assimilés assez facilement : belles images, belles couleurs, fluidité, cadre de travail plus agréable, vaste choix de logiciels pour la profession (notamment Sketch – qui est très plébiscité dans notre métier) et j’en passe.

Mais voilà, je suis une incontournable du PC – je suis née avec une tour à côté de moi. Et j’ai besoin de pouvoir ouvrir ma « bécane » comme je le dis. Alors certes, Windows est ce qu’il est là – j’attends encore que la suite Adobe soit compatible sous Ubuntu (je rêve je sais…). Et puis, faut avouer que mon ordinateur monté par mes soins est plus puissant qu’un mac book pro, 1500€ en moins.

C’est un choix complexe, je dirais même « personnel ». Peut-être qu’un jour j’y passerai (par contrainte? A cause de Sketch?), mais en attendant je reste sous mon PC et mon laptop à la Fraise (et non à la Pomme). Puis d’ailleurs Adobe travaille sur un concurrent féroce pour Sketch, nommé « Project Comet » j’ai hâte de voir ça et une fois de plus résister encore et toujours à l’I-envahisseurs ;-)…

Et vous, comment voyez-vous le métier de « graphiste »?
Vous avez des expériences à partager?
Et un BIG BISOU à tous les collègues <3

 

 

Une réponse à « Elle est Web et App Designer »

  1. PC forever! 😀
    Mdr, je comprends parfaitement ton ressenti sur le système d’exploitation à privilégier selon le métier « informatique » que l’on fait! En vrai, je pense que le mieux, c’est d’être parfaitement à l’aise pour travailler.

    Sinon, en lisant certains de tes paragraphes, ça m’a fait penser à certaines personnes bien précises – que je ne citerai pas! En tout cas, ça m’a fait plaisir de lire cet article dans sa globalité. Tu as une très belle plume. 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *