Elle veut vous parler d’SOPK


De corps et d'esprits / dimanche, juillet 26th, 2015

SOPK (« à tes souhait ! ») qu’est-ce c’est ? C’est un acronyme qui signifie « Syndrome des Ovaires PolyKystites » — aussi appelé « Syndrome de Stein Leventhal ».
Dans les grandes lignes il s’agit d’une augmentation inhabituelle de la production d’androgènes (hormones mâles) dans les ovaires, et de ce fait celle-ci perturbe la production d’ovules. Sexy n’est-ce pas ?
MAIS ce n’est pas tout ! Non, content de déjà pas bien produire des ovules, il y a aussi pléthore de symptômes plus sympa les uns que les autres :

  • On va commencé par le plus chouette : des menstruations casi-absentes — très très irrégulières (des cycles de 60 à 120 jours pour les plus longs)
  • Mais bon quand tu les as, BAH Y’EN A PLEIN !
  • Perte de cheveux (JOIE \o/)
  • Pilosité excessive sur toutes les zones du corps y compris le visage (on l’appelle « hirsutisme »)
  • De l’acné (comme si la puberté ne s’arrêtait jamaaaaaaaaaaaais)
  • Prise de poids et risque d’obésité
  • Risque d’anxiété et de dépression (sympa hein?)
  • Augmentation du taux de sucre et de cholestérol dans le sang (7 à 8 fois plus de chances d’avoir du diabète et du cholestérol qu’une femme « normal »)
  • Et pour finir, infertilité (à plus ou moins fort degré — attention infertilité ne veut pas dire stérilité, il est possible d’enfanter mais avec difficulté)

Mais alors pourquoi je vous parle de tous ça ? Tout simplement parce que je suis atteinte de ce syndrome — on me l’a découvert il y a à peu près 2/3 ans lors d’un check-up complet.

Nous savions déjà (ma famille et moi) que quelque clochait, « mes anglaises » ont débarqué très tard et elles sont arrivés 3 fois entre mes 17 ans et mes 20 ans; j’ai eu très très (trop?) tôt de la pilosité à des endroits qu’une pré-ado ne devrait jamais avoir (« femme à barbe » est un surnom difficile à porter pour une fillette de 12 ans je peux vous l’assurer).

Finalement si je suis là à vous avouer mon « handicap », c’est pour répondre à ceux qui ont vite fait de simplifier le problème. Je ne suis pas là à râler parce que je n’ai presque pas de règle, ou parce que je sais que j’aurais du mal à avoir des enfants, ou bien encore que je vais devoir surveiller mon taux de diabète et de cholestérol toute ma vie.

Non en fait ce qui me gêne c’est la façon dont les gens ont vite fait de tout régler par rapport à mon poids et à mes poils. Comment dire, JE SAIS que j’ai un problème et j’essaie de le régler comme je le peux. Par exemple pour mon poids (et pour d’autres raisons que j’énoncerai plus tard) j’ai décidé (avec mon médecin) de me faire suivre par une nutritionniste. Et pour mes poils, et bien j’ai tout simplement décidé d’arrêter de m’épiler (sauf le visage qui est encore une zone trop sensible pour le commun des mortels).

Le fait est que souvent j’ai droit à des réflexions sur mon poids, « tu devrais faire attention! » Je ne le fais déjà pas? « tu serais tellement plus mignonne plus mince » Okaaaaaaaaaaaay. Et les poils sont les pires « mais tu sais le laser c’est définitif ça pourrait être bien pour toi ». J’ai souvent envie de leur donner le numéro de mon endocrinologue (spécialiste des maladies hormonales) qui m’a gentiment fait comprendre que « le laser ça vous sauvera 6/8 mois, mais vos poils repousseront toujours et toujours plus ». Pour vulgariser, il faudrait que le laser détruise mes hormones (peut-être que là mes poils me lâcheraient)!

Pour finir, non je ne suis pas un canon de beauté « standard » du 21ème siècle — et à vrai dire après avoir compris que je suis née comme ça je ne peux que me résigner à m’aimer comme je suis et à dire à tous ceux qui aimerait me « normaliser » d’aller se faire foutre, tout simplement.

Vive les femmes à barbes <3

Harmaan Kaur en robe de mariée
La très belle Harmaan Kaur — aussi avec un SOPK et a décidé de ne plus se battre contre -elle-même <3

4 réponses à « Elle veut vous parler d’SOPK »

  1. Je ne connaissais pas ce syndrome. Ton témoignage est important, la « connaissance » permet de comprendre. Je trouve ça courageux de ta part « d’assumer ». On est ce qu’on est, et c’est bien comme ça !

    1. Merci 😀 ! Il est vrai qu’il est peu connu et pourtant près de 10 à 15% des femmes l’ont et une bonne partie ne le savent même pas — par exemple je l’ai su assez tard. Après comme tu dis « on est ce qu’on est » et j’estime que mener constamment une bataille contre soi-même fait perdre du temps et de l’énergie… Alors autant s’avouer qu’on a sa propre beauté ^^ — Encore merci à toi !

  2. J’adhère quand tu dis que mener une bataille contre soit même fait perdre du temps et de l’énergie. C’est clair qu’on a autre chose à faire de nos journées (elles sont déja tellement courtes 😉 )

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