Le Début du Paradoxe Chrétien

Coucou à toi, Guerrièr•e du Quotidien et Bienvenue dans ta Série de l’Été !

 

Nous continuons notre voyage historique et pilaire vers l’Empire Byzantin (ce qui fait un sacré saut tout de même). Byzance est l’empire chrétien des Romains d’Orient, et sa capitale – Constantinople, inaugurée en 330 après J.C.

 

Byzance s’est organisée en trois genres – les hommes, les femmes et les eunuques. Et c’est notamment par le poil que les byzantins différenciaient ces genres.

 

C’est ainsi que très tôt Clément d’Alexandrie (assez loin de Byzance donc) écrivit vers l’an 200 que la barbe est l’apanage des hommes, ainsi que les poils sur le corps. “La femme créé par Dieu dans l’endroit glabre et mou de l’homme, ne porte pas la barbe”. Et elle se doit de porter les cheveux longs. De fait, l’eunuque est, lui, totalement imberbe.

 

Arriva jusqu’à nous l’histoire symbolique de Marie/Marinos, fille d’Eugène. Veuf, il souhaite se retirer en monastère, sa fille voulant le suivre, le père décide de lui couper les cheveux. Elle revêt un habit d’homme et change son prénom (Marinos). Une fois au monastère, les moines la prennent pour un eunuque, car étant imberbe, elle n’est ni un homme ni une femme.

 

Mais ce qui est le plus amusant, c’est ce qu’on retrouve dans le reste des récits de Clément d’Alexandrie. Plus haut tu as pu lire “l’apanage des hommes, […] les poils sur le corps”. De fait, il dénonce à corps et à cris les hommes qui se coupent les cheveux, et pire, ceux qui s’épilent…

Selon ces propos “en imitant les pratiques des femmes pour avoir des plaisirs avec les deux sexes” et d’ajouter “ils tiennent des officines où les clients se livrent totalement à ceux qui les enduisent de poix et leur arrachent les poils […] et ne rougissent pas en eux-mêmes de n’être pas des hommes.”

 

Et de conclure, ce qui image à merveille le paradoxe Chrétien, qu’à ses yeux (ceux, toujours, de Clément d’Alexandrie), les femmes ne devraient pas retirer les poils de leur corps comme elles le font, en s’enduisant de poix à épiler…

 

La suite au prochain épisode 😉 !

 

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NB : l’Histoire est une science en perpétuelle mouvement. Ce que je dis aujourd’hui peut être faux demain, car on est pas à l’abri de nouvelles découvertes – et que je n’ai pas lu aussi tout les ouvrages sur le sujet ^^. Pour en savoir plus, je te renvoie vers la sublime vidéo des “Revues du Monde” sur “Peut-on faire confiance à l’Histoire ?” : https://www.youtube.com/watch?v=mBmi5IWuKHg&feature=youtu.be&t=8m3s

 

NB2 : tout commentaire à caractère agressif, humiliants, et n’ayant pour vocation que la haine de l’autre, sera AUTOMATIQUEMENT supprimés. Merci à toi et amour sur toi !

 

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Bibliographie & Sources (pour votre plus grand plaisir !) :

  • Histoire du Poil de Marie-france Auzépi & Joël Cornette
  • Du Poil et de la Bête, Iconographie du Corps Sauvage en Occident à la fin du Moyen-Âge (XIIIe – XVe siècle) de Florent Pouvreau
  • Du Velu au Lisse : Histoire et Esthétique de l’épilation intime de Jean Da Silva
  • Un peu du site Womenology.fr aussi 😉

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