Le Règne de l’Invisible

[Podcast ici : https://youtu.be/g30sJ0zRt8U ]

Depuis que j’ai stoppé mon ancienne activité de webdesigner je me suis rapprochée des femmes. Et de leurs problèmes pour y trouver écho avec les miens.

Je n’ai pas été déçue.

 

Au-delà du fait que j’ai découvert toutes ces choses que l’on garde pour nous, toutes ces choses qu’on considère tabous et tellement sacro-sainte que l’Homme ne les soupçonne pas ou qu’ils ne veut pas en entendre parler. Comme les règles. Savais-tu que certains hommes en sont particulièrement dégoûtés ? Alors qu’ils sont les premiers à courir la place de Cinéma quand sort un nouvel épisode de “Saw”. Ironique non ?

 

Mais soit. On ne parlera pas de règles. Lyvia Cairo en parle très bien dans l’un de ces derniers articles [je te le partage en bas d’articles].

 

Puis soyons réalistes, si Toi et moi on devait parler de règles, de menstruations, on devrait parler de leur absence. De leur retard, de leur “don” pour être attendues de notre côté du mur – le mur SOPK.

 

Toi et moi on va rester sur à peu près la même corde sensible : l’absence. L’Absence de Communication.

 

Dis-moi, en dehors de nos petits – GRANDS – groupes, tu entends beaucoup parler de notre maladie ? Dans les médias ? Dans les magazines ? De manière générale quand tu abordes le sujet avec le commun des mortels ?

 

On te parlera d’endométriose, on te parlera d’obésité, on te parlera de maternité – et surtout en ce moment de “violences gynécologiques”, mais aucune trace de SOPK. Et ça tu vois, ça me fatigue.

 

Au cumulé des deux plus gros groupes francophones nous sommes plus de 12 000 femmes. D’après les statistiques, nous sommes entre 10 et 20% des femmes à être touchées – pourcentage qui tend à augmenter, et d’ailleurs agrémenté d’un “75% de ces femmes ne sont pas diagnostiquées pour cause de difficulté d’un cadre précis de la maladie”.

 

Si je n’étais pas une ancienne amatrice de films catastrophes je te dirai que cela ressemble beaucoup à une épidémie – pour ne pas dire pandémie. MAIS personne n’est au courant. D’ailleurs je suis certaine que quand toi on t’a diagnostiqué tu t’es dit “mais ça sort d’où ?”

 

Alors quand je vois mon univers de freelance et de femmes entrepreneures se réorienter vers le soin pour les femmes, je suis la plus heureuse franchement. Je me dis “Géniale ! On va enfin nous montrer au grand jour, ENFIN on va nous entendre”.

 

Et je lis leurs beaux articles où elles parlent des femmes, et de leurs problèmes, et de leurs maladie. Mais aucune trace du SOPK. Je m’accroche désespérément à la mention de notre Syndrôme, tout comme à chaque fois que je me retrouve dans un groupe de femmes, il y en a toujours au moins une comme moi, qui porte les stigmates du SOPK. Toujours !

 

Pourquoi on ne parle pas de nous ? C’est parce qu’on a pas mal ? J’entends tous les jours parler de la douleur des Endo’Girls – pourtant certaines femmes SOPK ont aussi l’endométriose tu sais ? Pourtant certaines femmes SOPK ont des kystes tellement douloureux qu’elles doivent envisager une chirurgie. J’ai l’impression qu’on ne mérite pas notre droit de parole sur la place publique, que le SOPK vit un règne de l’Invisible. C’est le Grand Tabou !

 

Tu sais, j’ai cherché ces articles qui parlent de nous. Il y en a quelques uns, mais personne ne les partage. Pas assez sensationnel pour le commun ?

Bah écoute ce n’est qu’un problème de poids, de poils, de boutons, de dépression, de diabète/cholestérol, d’infertilité, de fausse couche à répétition, de plein d’autres choses.

 

Non en fait, je ne leur trouve pas d’excuses. Peut-être que toi et moi on est trop timides, qu’on a été trop gentilles ? Qu’on l’ouvre peut-être pas assez ? Qu’on s’est enfermés avec ces autres femmes qui considèrent que les problèmes de femmes doivent rester entre les femmes ? Et du coup ça ne sort jamais du boudoir. On souffre en silence. On doit dire oui à toutes les injonctions de la société, à supporter un corps qui ne rentre pas dans le cadre, à sourire et puis c’est tout parce que soyons clairs “tu ne souffres pas alors pourquoi en faire tout un plat ?”

 

Tu as le droit d’hurler au monde que tu souffres d’être invisible ! Tu as le droit de ne pas vouloir voir qu’il y a pire que toi, car soyons honnêtes il y aura toujours pire que nous ! Tu as le droit de te faire entendre car nous sommes légions. Parle de toi, parle de nous, ça compte. Pour un avenir lumineux en dehors du placard.

 

Avec tout mon amour <3

 

[NB1 : voici l’article de Lyvia Cairo sur les règles 😉 : https://www.facebook.com/lyviacairofr/posts/736887429854509 ]

 

[NB2 : le groupe de Nous sur notre quotidien arrive bientôt, je ne t’oublie pas 😉 En attendant, la prochaine fois je compte bien te parler de ma rencontre avec une super naturopathe et de mon ressentis 😀 ]

 

Crédits photo : Photo by luizclas from Pexels https://www.pexels.com/photo/afterglow-avian-backlit-birds-556663/

2 commentaires Ajoutez les votres
  1. C’est vrai que j’ai découvert ce syndrome uniquement par ton biais, et je ne crois en avoir jamais entendu parlé ailleurs :/ Et du coup, je suppose que cette invisibilité doit ralentir la recherche de solutions.

    1. Ça me sidère toujours autant, pourtant on est tellement sur les groupes facebook !! Oui je pense aussi (pour les recherches) d’autant que les problèmes féminins en général, on peut dire qu’ils ne sont pas pressés pour trouver des solutions de manière générale… -_-

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